Clémence Nasr

Clémence Nasr

Premiers signes d’une société relocalisée. Eléments pour une philosophie sociale des circuits courts alimentaires

Direction : Justine Lacroix

"Ma thèse propose une analyse, en philosophie sociale, de la relocalisation alimentaire qui prend corps, depuis une trentaine d’années environ, dans les sociétés industrialisées. Ce phénomène est fait des initiatives coopératives qui, à l’échelle locale, visent à rapprocher consommateurs et producteurs de denrées alimentaires. Ma recherche ambitionne de mettre au jour la filiation de la relocalisation alimentaire et du socialisme. Surtout, elle entend travailler la signification profonde de cette parenté : la relocalisation alimentaire préfigure ce qu’une société relocalisée pourrait être. En effet, le lien rattachant la relocalisation alimentaire au socialisme génère la proposition normative suivante : la relocalisation alimentaire altère le socialisme en confrontant son projet de société à une exigence spatiale que sa matrice doctrinale contient sans lui donner l’envergure qu’elle devrait avoir. Cette exigence spatiale renvoie à la dimension locale de la coopération économique véritable. Elle indique que, si cette dimension est prise en compte, elle affecte nécessairement – dans le sens d’une diminution – la taille du territoire recouvert par la société dans la mesure où celle-ci est aussi une forme matérielle. Cette proposition normative s’édifie sur deux chantiers. Le premier est théorique : j'y montre comment le socialisme peut prendre en charge la dimension spatiale de l’intégration du social en une société. Le deuxième est heuristique ; il s’attache à déceler, au niveau des initiatives alimentaires locales, les signes de ce qu’une représentation différente de la société est en train d’émerger, et qu’elle accorde une saillance particulière au territoire."
 

Soutenance publique